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Le bio made in Viet Nam

Publié le 12 Novembre 2012 par jean baptiste

Le développement de l’agriculture biologique au Viêt Nam est très récent. Il est le fruit d’un projet collaboratif entre le ministère de l’agriculture et du développement rural (MARD), l’union vietnamienne des paysans (VNFU), l’ONG danoise ADDA (Agricultural Develoment Denmark Asia), plusieurs membres associatifs locaux ainsi que des partenaires privés. Commencé en 2007, le projet s’étend sur une dizaine de provinces du nord Viêt Nam et regroupe 80 groupes de producteurs. Ainsi, quelques 6.475 ha de terres sont cultivées de façon biologique. Bien, mais qu’est ce que l’on entend exactement par « agriculture biologique » au Viêt Nam?

Le monde de l’agriculture biologique au Viêt Nam s’organise en réseaux d’acteurs volontaires (producteurs, membres associatifs, institutionnels et privés) par lesquels transitent des connaissances et compétences nécessaires à la conversion des exploitations. En s’appuyant sur le réseau préexistant du VNFU (depuis 1933, cette association revendique plus de 10 millions de membres), l’ONG ADDA entend promouvoir l’agriculture bio dans les sphères de production et de consommation. Pour ce faire, elle publie et organise des campagnes médiatiques dans le but de soutenir le marché de la demande pour les produits bio. De l’autre côté, celui de la production, ADDA dirige des études et groupes d’études sur le terrain pour identifier les conditions et contraintes spécifiques. D’après ces études, elle a développé un programme de formation ainsi que des systèmes de contrôle qualité et donc de labellisation.

Les standards nationaux en matière biologique ont commencé d’être élaborés au Viêt Nam en 2003 par le ministère de l’agriculture et du développement rural selon les critères internationaux établis par la fédération internationale du mouvement de l’agriculture biologique (IFOAM). Cette autorité internationale entend en effet être la voix la plus efficace sur tous les sujets de l’agriculture biologique. Née en 1972 de l’appel du président de « Nature et Progrès » (association française)aux acteurs de l’agriculture alternative, elle est présente aujourd’hui dans 116 pays et regroupe 750 membres associatifs qui travaillent en relation avec l’organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations Unies (FAO) au développement et à la recherche de standards biologiques internationaux ; tels que le système de garantie biologique (OGS) et le Participatory Guarantee System (PGS). Ce dernier « certifie les producteurs sur la base d’une participation active des acteurs concernés » et « est construit sur une base de confiance et d’un réseau d’échange de connaissance » (IFOAM, 2008). Ces principes sont : Participation, transparence, apprentissage et confiance. De fait, le PGS est une norme locale reconnue internationalement par l’IFOAM.

Le label PGS Viêt Nam répond donc aux standards nationaux pour l’agriculture biologique (définis par le ministère) qui, eux-mêmes, correspondent au standard international PGS défini par l’IFOAM. Ce label certifie toute la chaine de production : de l’utilisation des semences jusqu’à la distribution. Il contient des informations sur l’origine des fruits/légumes et un code qui retrace le déroulement du processus agricole. Des contrôles mensuels des parcelles, avec possibilité de « visite surprises », accréditent le label auprès des consommateurs. Ces contrôles se font à des moments « clés » de la production, par exemple quand il s’agit de semer ou de traiter les cultures. Les inspecteurs sont d’autres paysans appartenant au réseaux PGS Viêt Nam, accompagnés d’expert d’ADDA. L’inspection se déroule comme suit : 1/ interview avec le fermier ; 2/ vérification des dossiers fournis ; 3/ visite de chaque champs montré dans le « Farm Managment Plan » ; 4/ prélèvement puis analyse. Elle est dirigée par un « chef de groupe de producteurs »qui est ensuite chargé de la valider dans les trois jours. L’ « inter-group certification manager », qui appartient à ADDA, est l’autorité qui donne la décision finale de maintenir ou non le label suivant les informations qui lui sont fournies.

Je me suis rendu au sein de la ferme du groupe Bai Thuong, à 40km au nord de Hanoi, accompagné de Linh, une ingénieure agronome travaillant à la ferme, pour voir un exemple concret de ferme labellisée PGS.D'ailleurs, il est le premier groupe de producteurs à avoir obtenu le label en 2009. Le groupe Bai Thuong est dirigé par Mui, la femme du propriétaire (Mr. Hom). 9 personnes y travaillent à plein temps. La superficie cultivée représente 1.5ha (ce qui est la moyenne nationale) et correspond à environ 8.4 tonnes de légumes produits chaque année. Une quarantaine de variétés y sont cultivées (tomates, concombres, courgettes, aubergines, haricots, etc.) et sont labellisés PGS Viêt Nam.

Pour en arriver là, la ferme a bénéficié de l’aide technique d’ADDA et du soutien financier et logistique de Action for City Development. Comment ces ONG ont pris contact avec cette ferme perdue au milieu de nulle part ? C’est très simple : au milieu des années 1990, une correspondante du ministère de l’agriculture et du développement rural (qui travaille aujourd’hui pour ADDA) se rend sur place pour une étude statistique pour le compte du district et prend contact avec le paysan, Mr. Hom. Quelques années plus tard, en 1999, ADDA, dans le cadre de son projet IPM en partenariat avec le ministère, approche Mr. Hom pour l’inciter à produire des légumes « safe » (je n’ai pas encore tout à fait compris la définition de « safe vegetables », puisque les produits chimiques y sont toujours utilisés. Nous verrons ça dans une prochaine enquête). Celui-ci accepte et suit un programme de formation dans la foulée. On lui fournit les graines, les produits ainsi que du matériel. Ses légumes « safe » sont ensuite distribués avec l’aide de l’ONG sur certains marchés de la capitale (essentiellement dans les quartiers qui concentrent le plus d’étrangers). En 2007, ADDA, VNFU, le ministère et quelques ONG vietnamiennes, lancent le grand « organic agriculture project development » dans certaines provinces du nord (voir ci-dessus). Les paysans dont les produits étaient « safe » sont désormais invités à produire bio. Même principe que le projet IPM précédent : on élabore un programme de formation, de suivit, de contrôle et de labellisation, on fournit les graines ainsi qu’une aide logistique et financière.

Mr Hom et son groupe Bai Thuong font partie de ceux qui accepteront. Pendant 3 ans, il bénéficiera d’un soutien technique et financier (formation, graines, bourse, etc.). Depuis 2011, il est indépendant (entendez : il n’a plus de soutien technique et financier) et réussit à dégager assez de profits pour faire vivre sa famille. Quand je lui demande quel a été l’apport réel du travail d’ADDA, il me confie que l’ONG lui sert principalement à développer la distribution de ses produits. En effet, ce paysan n’a que très peu d’informations concernant le marché du bio à Hanoi et dépend donc des ONG qui travaillent avec lui. Depuis 2009, il vend ses légumes à la compagnie Than Xuan Organic Vegetable, une compagnie créée par l’ONG Action for the City Development. Cette compagnie achète également les légumes d’un autre groupe de producteurs (auquel est associé Mr Hom) pour les distribuer à Hanoi sous forme d’achat en ligne et de livraison à domicile. Ce faisant, on assure à Mr Hom, ainsi qu’à ses homologues, des revenus fixes et réguliers. Et c’est une réelle sécurité m’assure-t-il.

Tout ce travail de développement de l’agriculture biologique (sensibilisation, formation, aide technique et financière) parait très louable en soit dans un pays qui ne se soucie guère encore des problèmes écologiques. Cependant, l’argument n’est pas que ce type d’agriculture préserve l’environnement, ce qui est avancé est la qualité supérieure des produits (en terme de goût et pour la santé); ce qui n’est pas tout à fait pareil. D’autre part, le principal point positif de cette politique de développement est que les paysans sont organisés en réseaux et coopératives, ce qui permet une réelle circulation des informations et des connaissances entre les groupes de producteurs (et donc entre les provinces). Ils sont également responsabilisés dans le mesure où chaque groupe se contrôle mutuellement afin de maintenir une certaine clarté au sein du réseau PGS Viêt Nam. Les programmes de formation sont certes encadrés par l’ONG, mais dispensés par des chefs de groupes de producteurs habilités.

Néanmoins, quelques réserves peuvent être permises, notamment sur les semences qui sont utilisées. Celles-ci, qui sont distribuées chaque année aux paysans par ADDA, sont achetées sur les marchées étrangers (principalement hors Asie), arguant que les semences vietnamiennes ne sont pas labellisées biologiques. Certes. Mais cela pose des questions en termes de coût, d’abord, et d’efficacité ensuite. En effet, il arrive parfois que des graines prétendues à haute teneur qualitative qui arrivent d’Europe, par exemple, se révèlent inopérantes dans le milieu tropical qui caractérise le nord du Viêt Nam. Mr. Hom me dit qui lui est arrivé de se retrouver avec des graines (distribuées par ADDA)qui ne poussaient tout simplement pas. C’est donc un temps précieux qui est perdu. Ensuite, il m’avoue qu’il reçoit des nouvelles graines chaque année et n’utilise pas celle qui se trouve à sa disposition au sein des plantes en fin de saison . Ce qui veut dire que l’ONG en rachète tous les ans, ce qui représente un coût considérable, en passant outre le principe d’autonomisation des producteurs (qui se trouvent de fait dépendant de l’ONG quant à l’obtention de graines labellisées). On se retrouve donc avec des tomates « bio », produites au Viêt Nam mais dont les semences proviennent d’Europe. Cherchez l’erreur.

Liens :

www.ifoam.com (fédération internationale du mouvement pour l’agriculture biologique)

http://www.fao.org/nr/land/sustainable-land-management/farmer-field-school/en/ (technique de formation utilisée par ADDA)

http://www.adda.dk

http://www.agroviet.gov.vn (ministère)

http://www.vidothi.org/?lang=2 (Action for the city development)

www.vietnamorganic.vn (plateforme d’information)

https://sites.google.com/site/pgsvietnam/ (PGS vietnam)

www.rauthanhxuan.com (compagnie Thanh Xuan Organic Vegetables)

Voici donc la superficie cultivée par le groupe Bai Thuong. On le voit, on y cultive pas la biodiversité comme à Greenvietnam : ici, chaque variété  a sa parcelle. En guise de mulch (un couvert végétal au niveau du sol qui le protège de l'érosion et maintient l'eau pour la plante) nous avons des sacs poubelles en plastiques.Mais l'on retrouve quelques techniques communes : on plante de la menthe et des fleurs pour attirer les insectes et protéger les cultures.
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Malheureusement, comme on peut le voir en haut à droite de la photo, les avions vols très bas dans ce village. Pour cause : il se trouve à 5km de l'aéoroport international...

Malheureusement, comme on peut le voir en haut à droite de la photo, les avions vols très bas dans ce village. Pour cause : il se trouve à 5km de l'aéoroport international...

Voici un panneau réalisé par ADDA expliquant comment faire du composte afin de nourrir le sol. Comme à Greenvietnam, on utilise ici des balles de riz (peau de riz séchée) et les excréments d'animaux d'élevage (ici, poules et bufles) qui constituent la combinaison carbonne et azote nécessaire.
Voici un panneau réalisé par ADDA expliquant comment faire du composte afin de nourrir le sol. Comme à Greenvietnam, on utilise ici des balles de riz (peau de riz séchée) et les excréments d'animaux d'élevage (ici, poules et bufles) qui constituent la combinaison carbonne et azote nécessaire.
Voici un panneau réalisé par ADDA expliquant comment faire du composte afin de nourrir le sol. Comme à Greenvietnam, on utilise ici des balles de riz (peau de riz séchée) et les excréments d'animaux d'élevage (ici, poules et bufles) qui constituent la combinaison carbonne et azote nécessaire.

Voici un panneau réalisé par ADDA expliquant comment faire du composte afin de nourrir le sol. Comme à Greenvietnam, on utilise ici des balles de riz (peau de riz séchée) et les excréments d'animaux d'élevage (ici, poules et bufles) qui constituent la combinaison carbonne et azote nécessaire.

Chaque semaine, la ferme accueille, en collaboration avec l' ONG Action for the city development, un groupe d'écoliers  afin de les sensibiliser aux problématiques environnementales.

Chaque semaine, la ferme accueille, en collaboration avec l' ONG Action for the city development, un groupe d'écoliers afin de les sensibiliser aux problématiques environnementales.

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Biologiquement.com 22/11/2016 12:33

Bonjour,
je suis à la recherche d'une boutique de produits bio sur Saigon, quelqu'un aurait une bonne adresse?
au plaisir
David

plombier 25/03/2015 20:08

J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement

http://outlookhelptech.com/ 15/11/2013 11:29

Vietnam has shown an excellent example to the rest of the world. We know there are many controversial matters regarding this all over the world. For a long time, some people are against organic farming while some others are strong supporters of it. When we have such examples like this in the concerned matter, everything become crystal clear!

ben 15/11/2013 09:29

good

Fabre 19/12/2012 15:20

La terre nous est pretée elle ne nous appartient pas